Cahier Du Soir Page De Garde Cp

Ah, le CP... L'âge d'or des dinosaures dessinés avec amour (et un peu de bave) et des Cahiers du Soir. Mais parlons peu, parlons bien, parlons Page de Garde.
Je vais peut-être me faire des ennemis, mais... est-ce que quelqu'un d'autre trouvait ça barbant, les pages de garde ? Non, parce que moi, oui. Sévèrement. On est d'accord, c'était censé être amusant, créatif, personnalisé... mais franchement, c'était surtout une corvée.
Imaginez : vous avez 6 ans, après une longue journée à maîtriser le son "a" et à essayer de ne pas manger de la colle. Tout ce que vous voulez, c'est regarder des dessins animés ou construire une cabane avec les coussins du canapé. Mais non ! Il faut "décorer sa page de garde avec soin".
Must Read
Les Stratégies (Secret) de Survie
On avait tous nos techniques, hein ? La première, c'était la technique "Maman a fait ça pour moi". Avouez ! Qui n'a jamais vu une page de garde digne d'un illustrateur professionnel débarquer en classe ? On salue les mamans artistes, mais soyons honnêtes, c'était pas notre œuvre. C'était un chef-d'œuvre de délégation.

La deuxième, c'était la technique du "copié-collé du voisin". Ah, la solidarité CP ! Si Léa avait fait un super dessin de chat, il y avait au moins trois autres pages de garde avec des chats (plus ou moins réussis, on ne juge pas). L'important, c'était de survivre.
Les Thèmes Imposés (Le Drame)

Et puis, il y avait les thèmes imposés. "La rentrée des classes!" (Des cartables. Partout. Des cartables qui pleurent, des cartables qui sourient, des cartables qui font du breakdance). "L'automne!" (Des feuilles mortes. Des tonnes de feuilles mortes. Et potentiellement, un écureuil mal dessiné qui ressemble plus à un rat mutant).
Franchement, le niveau de créativité obligatoire, c'était... intense. On nous demandait de faire preuve d'originalité, tout en restant dans le cadre très précis du "thème de la semaine". Un vrai paradoxe philosophique pour un enfant de 6 ans.

Et Le Cahier du Soir, Alors ?
Parlons du Cahier du Soir lui-même. Il était là, le pauvre, attendant sagement d'être rempli de devoirs (plus ou moins faits, soyons honnêtes). Il assistait à nos tentatives désespérées de calligraphie, à nos ratures rageuses, à nos gribouillis nocturnes. Il était le témoin silencieux de nos frustrations de CP.

Mais la page de garde ? Elle, c'était le rempart. Le premier obstacle à franchir avant d'attaquer les dictées de mots et les opérations à trous. Une sorte de rituel initiatique avant de plonger dans le monde impitoyable (mais passionnant) de l'apprentissage.
Alors oui, peut-être que je suis un peu dure avec les pages de garde. Mais au fond, c'était aussi un moment de liberté (relative) et d'expression. Et puis, avouons-le, c'est toujours amusant de retomber sur ces vieux cahiers et de se dire : "Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai dessiné ?!".
"L'art de survivre à la page de garde : une compétence essentielle de la vie." - Un ancien élève de CP (probablement traumatisé).
Finalement, peut-être que ces pages de garde, c'était une excellente préparation à la vie adulte... Apprendre à faire semblant d'être créatif quand on a juste envie de dormir. Pas si bête, finalement, l'Éducation Nationale !
