Dessin Pour Page De Gardes De Poemes

Honnêtement, parlons des dessins de pages de garde pour les poèmes. On est tous passés par là, non ? Enfant, ado, même adulte… on a tous gribouillé quelque chose pour illustrer nos vers (ou ceux de Baudelaire, soyons honnêtes, plus ceux de Baudelaire). Et j'ai une confession à faire.
J'ai toujours eu une opinion… disons… tranchée sur la question. Une opinion, pour ainsi dire, impopulaire.
Les marguerites qui entourent un sonnet sur la mort ? Les petits cœurs flottant autour d'un poème d'amour vache ? Les soleils souriants accompagnant… je ne sais pas, un poème sur la mélancolie automnale ?
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Non. Juste non.
Le syndrome du dessin de page de garde « forcé »
C'est ça, le problème ! C'est forcé. On dirait que quelqu'un a dit : « Ah, tu as écrit un poème triste. Dessine un nuage qui pleure ! » ou « Tu as parlé d'oiseaux ? Ajoute trois moineaux gribouillés qui ressemblent plus à des poulets malformés. »

Soyons clairs : je ne déteste pas l'art. J'aime l'art ! J'aime les musées, les galeries, même le dessin gribouillé sur une serviette de restaurant. Mais dans ce contexte précis, souvent, ça me fait grincer des dents.
La beauté de la simplicité (ou du gribouillage assumé)
Je préfère largement une page de garde sobre, avec une belle police et peut-être… un seul dessin, mais un dessin qui a du sens. Un gribouillage qui reflète l'atmosphère du poème, pas une illustration littérale et ennuyeuse.
Imaginez : un poème sur l'absurde, avec une page de garde ornée d'un seul et unique… cornichon. Totalement incongru, totalement intentionnel. Ça, c'est de l'art ! (Peut-être…)

Ou rien. Le vide. L'absence totale de fioritures. Le minimalisme extrême. Parfois, c'est le silence qui parle le plus fort, non ?
Je crois que le problème, c'est que souvent, on essaie de trop bien faire. On veut "illustrer" le poème, le rendre plus "accessible". Mais le poème, il se suffit à lui-même ! Il n'a pas besoin d'une armée de petits personnages maladroits pour exister.

Et puis, soyons honnêtes, la plupart d'entre nous ne sommes pas Van Gogh. Nos marguerites ressemblent plus à des œufs au plat qu'à des fleurs. Et c'est okay ! Mais peut-être vaut-il mieux s'abstenir, non ?
Alors, que faire ?
Si vraiment, vraiment, vous tenez à illustrer votre poème, faites-le ! Mais faites-le avec conscience. Ne vous contentez pas de reproduire bêtement ce que vous pensez qu'on attend de vous. Soyez créatifs, soyez audacieux, soyez… cornichon.
Et si vous n'avez aucune inspiration ? Laissez la page blanche. La poésie a le pouvoir de créer des images dans l'esprit du lecteur. N'ayez pas peur de lui laisser de l'espace pour imaginer.

Finalement, tout ça, c'est juste mon humble opinion. Chacun fait ce qu'il veut avec ses poèmes et ses pages de garde. Mais si jamais vous voyez une page de garde ornée de trois moineaux malformés, pensez à moi et souriez.
Peut-être, juste peut-être, vous serez d'accord avec mon opinion impopulaire. Et ça, ça me ferait plaisir.
Par contre si c'est un dessin de Joann Sfar, là, c'est autre chose. On ne discute plus.
