Dessin Pour Une Page De Garde Francais 4e4

Ah, la quatrième ! Souvenez-vous de cette année scolaire… un passage crucial, l’avant-dernière étape avant le grand saut vers le lycée. Et qui dit quatrième, dit cahier, et qui dit cahier… dit page de garde ! Mais pas n’importe quelle page de garde. Celle de français, bien sûr !
C’était un rituel, une compétition amicale, un exutoire créatif. Fini les gribouillages informes de la primaire. En quatrième, on visait l’œuvre d’art, le chef-d’œuvre qui impressionnerait Madame Dubois (ou Monsieur Lemaire, selon votre établissement) et, surtout, qui éclipserait la page de garde de Sophie, la fille la plus populaire de la classe, ou de Théo, le roi du dessin.
On se lançait des défis : « Moi, je vais faire une citation de Molière en calligraphie gothique ! » (Spoiler : la calligraphie gothique ressemblait plus à des hiéroglyphes égyptiens). Ou encore : « Je vais dessiner Victor Hugo chevauchant un griffon ! ». L’ambition était là, le talent… parfois un peu moins.
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Les crayons de couleur étaient nos armes, les stylos à paillettes nos alliés secrets. On passait des heures, le nez collé au cahier, à perfectionner chaque détail. On empruntait les feutres fluo de sa petite sœur, en jurant de ne pas les abîmer (promesse rarement tenue). On s’inspirait (ou copiait carrément) des couvertures de livres, des affiches de films, des pochettes de CD. L’originalité était un concept… flexible.

L'épopée du mauvais goût assumé
Et puis, il y avait ceux qui assumaient le mauvais goût avec panache. Les pages de garde bariolées, les collages improbables de photos découpées dans des magazines, les citations poétiques sorties d’un chewing-gum Hollywood. C’était kitsch, c’était audacieux, c’était… inoubliable. Ces pages de garde, elles racontaient quelque chose de nous, de nos goûts (parfois douteux), de nos passions (souvent éphémères). Elles étaient le reflet de notre adolescence en pleine ébullition.
Les erreurs mémorables
Bien sûr, il y avait les ratés. L’encre qui bave, le coup de crayon malheureux, la tache de Tipp-Ex monumentale qu’on essayait désespérément de camoufler sous un amas de gribouillis. Et que dire de la fameuse coquille dans le titre ? « Français » qui devient « Françias », « Quatrième » transformé en « Quatième ». La honte absolue ! Mais avec le recul, ces erreurs font aussi le charme de ces souvenirs.

"On ne peut jamais se baigner deux fois dans le même fleuve," disait Héraclite. De même, on ne refera jamais deux fois la même page de garde de français en quatrième.
Mais au-delà de la compétition et des moments de stress, il y avait la satisfaction, la fierté d’avoir créé quelque chose de personnel, d’unique. Une page de garde qui nous représentait, qui annonçait la couleur (souvent criarde) de notre année scolaire. Une page de garde qui, des années plus tard, en ressortant du fond d’un carton, nous ferait sourire et nous rappellerait cette époque bénie où la plus grande préoccupation était de savoir quel dessin on allait bien pouvoir gribouiller sur un cahier.
Alors, la prochaine fois que vous croiserez une page de garde de français 4e, ayez une pensée émue pour tous ces jeunes artistes en herbe qui ont mis tout leur cœur (et beaucoup de feutres fluo) dans la création de leur chef-d’œuvre. Et rappelez-vous, derrière chaque dessin se cache une histoire, un souvenir, un petit bout de l’adolescence.
