Page De Garde Cahier College Espagnole

Ah, la page de garde du cahier d'espagnol au collège... C'est un peu comme la couverture d'un album de musique des années 80 : tellement caractéristique de son époque, et pourtant, on s'en souvient encore ! On se souvient... ou on essaie d'oublier !
Vous voyez de quoi je parle, n'est-ce pas ? Ce moment crucial de la rentrée où, armé(e) de feutres fluo (souvent trop fluo, soyons honnêtes), de stylos gel qui bavaient et d'une bonne dose de procrastination, il fallait s'attaquer à la bête : la page de garde. C'était une sorte de test de créativité imposé par le système éducatif.
"Español" et des soleils... Beaucoup de soleils.
Le minimum syndical ? "Español" écrit en lettres gothiques (parce que c'était plus "stylé"), quelques drapeaux espagnols gribouillés (plus ou moins ressemblants) et, bien sûr, une avalanche de soleils. On aurait dit que l'Espagne était un pays où il ne pleuvait jamais. C'était un peu comme si on vendait l'Andalousie comme une version géante d'un grille-pain.
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Et puis, il y avait ceux et celles qui se prenaient un peu plus au sérieux. Les artistes en herbe qui se lançaient dans des représentations approximatives de Don Quichotte, de corridas plus ou moins sanglantes, ou même (soyons fous !) de paysages urbains madrilènes à base de perspectives douteuses. Le tout, évidemment, agrémenté de couleurs criardes et d'une bonne dose d'enthousiasme juvénile.

Les erreurs... Ah, les erreurs !
N'oublions pas les erreurs. Les fautes d'orthographe monstrueuses (qui, ironiquement, étaient censées figurer sur la page d'un cahier de langue), les ratures camouflées à grand renfort de Tipp-Ex (qui finissait par se craqueler et jaunir, laissant une marque indélébile), et les fameux "A ne pas oublier de recouvrir !" écrits à la va-vite, comme si on était des génies de la dissimulation.
Et que dire du moment où l'on se rendait compte, au dernier moment, qu'on avait oublie d'écrire son nom et sa classe, et qu'il fallait caser ça en catastrophe dans un coin, en espérant que le professeur ne soit pas trop regardant ? C'était un peu comme essayer de mettre un éléphant dans une cabine téléphonique : mission impossible.

Bien plus qu'une page de garde
En fin de compte, cette page de garde du cahier d'espagnol, c'était bien plus qu'une simple formalité administrative. C'était un peu comme une fenêtre ouverte sur notre adolescence, avec ses maladresses, ses ambitions (artistiques) démesurées, et surtout, son irrésistible envie d'exprimer sa créativité (même si le résultat final était parfois... discutable).
Alors, la prochaine fois que vous croiserez un ancien cahier d'espagnol (ou même un vague souvenir de celui-ci), accordez-lui une pensée. Il est le témoin silencieux d'une époque où apprendre le subjonctif passé était moins important que de réussir à dessiner un sombrero potable.
