Page De Garde Cahier D'écriture Libre Maternelle

Alors, parlons franchement. La page de garde du cahier d'écriture libre de maternelle. Avouez-le, c'est un peu... Intense, non ?
Je sais, je sais. C'est censé être un moment de créativité débordante. L'enfant exprime sa joie d'écrire (enfin, disons "gribouiller avec application"). On sort les paillettes, les feutres fluo, les autocollants de dinosaures... Bref, c'est la fête.
Mais, personnellement, je crois que ça ajoute une pression inutile. Imaginez la scène : petit Paul, 4 ans, devant une page blanche menaçante. Il doit absolument créer un chef-d'œuvre. Un truc qui en jette. Un truc digne d'être exposé au Louvre (en miniature, évidemment).
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La tyrannie des gommettes
Et les gommettes! N'en parlons pas. Des armées de petites étoiles multicolores, des cœurs dégoulinants d'amour... C'est mignon, oui. Mais au bout de la quinzième gommette collée de travers, on commence à se demander si l'écriture libre ne serait pas plus simple, finalement.
Sans parler du dilemme cornélien : "Maman, tu peux dessiner un cheval ? Mais un vrai, hein ! Pas un truc moche." Euh... Je suis plus douée pour le gribouillage que petit Paul, mais de là à rivaliser avec Léonard de Vinci version équidé...

Un aveu (presque) honteux
Bon, je l'avoue. Parfois, je suis tentée de prendre le cahier en douce et de faire la page de garde moi-même. Un truc simple, épuré. Genre une jolie calligraphie minimaliste avec le nom de l'enfant. Ou même... (chut !) une page de garde pré-imprimée. Scandale !
Mais non, je résiste. Je sais que c'est important pour l'enfant de s'approprier son cahier. De le personnaliser à sa façon. Même si sa façon, c'est un amas informe de peinture marron et de confettis.

Et si on simplifiait un peu ?
Alors, ma proposition (presque révolutionnaire) : et si on levait un peu le pied ? Et si on laissait l'enfant simplement gribouiller ce qui lui passe par la tête, sans chercher la perfection ?
Un simple prénom écrit en grosses lettres maladroites. Quelques traits de crayon représentant un bonhomme patate. Un autocollant mal collé. C'est ça, aussi, la beauté de l'enfance. Le droit à l'erreur. Le droit de ne pas être un artiste en herbe à quatre ans et demi.

Après tout, c'est un cahier d'écriture libre, pas un concours d'art.
Peut-être que, secrètement, je rêve d'un monde où la page de garde du cahier de maternelle est un peu moins... stressante. Un monde où l'on peut enfin se concentrer sur l'essentiel : l'apprentissage (et le plaisir !) d'écrire.
Mais bon, c'est peut-être juste moi... Et mes opinions impopulaires sur les gommettes et les chevaux mal dessinés.
