Streaming Game Of Thrones Saison 7 Episode 2 Vostfr Hd

Et si la promesse de Game of Thrones, celle d'un récit épique brassant fantasy, politique et carnage, s'était définitivement muée en une mécanique industrielle, calibrée pour l'appât du gain plus que pour l'élévation artistique ? La septième saison, et particulièrement son deuxième épisode, "Stormborn", cristallise cette question, oscillant entre fulgurances narratives et facilités scénaristiques qui laissent un goût amer, celui d'un chef-d'œuvre potentiel sacrifié sur l'autel de l'audience.
Le Vertige du Dragon et le Piège du Fan Service
Contient une liste de: Original Title: Game of Thrones Season 7 Episode 2 "Stormborn" Director: Mark Mylod Actors: Emilia Clarke, Peter Dinklage, Kit Harington, Lena Headey, Nikolaj Coster-Waldau Year: 2017 Genre: Fantasy, Drama, Action
Synopsis: Dans "Stormborn", Daenerys Targaryen élabore une stratégie d'invasion de Westeros avec ses alliés, tandis que Jon Snow prend une décision cruciale concernant son implication dans la guerre à venir. Yara Greyjoy et Ellaria Sand se lancent dans une mission périlleuse.
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Entre Grandeur et Déception : Une Analyse de "Stormborn"
Le deuxième épisode de la saison 7, réalisé par Mark Mylod, un vétéran de la série, s'ouvre sur les délibérations stratégiques de Daenerys à Dragonstone. L'ambiance est palpable, l'enjeu crucial : comment conquérir Westeros sans détruire le royaume ? La tension est palpable, magnifiée par la composition musicale de Ramin Djawadi, qui, comme toujours, sert de colonne vertébrale émotionnelle au récit. Emilia Clarke, en Daenerys, oscille entre détermination implacable et hésitation morale, offrant une performance nuancée qui souligne la complexité du personnage. Sa conversation avec Varys, où elle le confronte à ses trahisons passées, est un moment de bravoure, un exercice de dialogue brillant où la loyauté et l'ambition s'entrechoquent.
Pourtant, c'est là que les premières failles apparaissent. Le personnage de Varys, autrefois un maître manipulateur complexe, semble ici réduit à un simple instrument narratif, servant à faire avancer l'intrigue sans réelle profondeur psychologique. C'est un symptôme d'un mal plus profond qui ronge la série : la simplification des personnages et la prévisibilité des rebondissements.

L'arc narratif de Jon Snow à Winterfell est tout aussi ambivalent. Sa décision d'aller à Dragonstone, motivée par la nécessité de rallier Daenerys à la lutte contre les Marcheurs Blancs, est logique et cohérente avec son évolution. Cependant, la rapidité avec laquelle il prend cette décision, sans réelle opposition de la part de ses conseillers, sonne faux. On a l'impression que les scénaristes ont voulu accélérer le rythme de l'intrigue au détriment de la crédibilité des personnages et de leurs motivations.
Mais c'est la séquence de la bataille navale, orchestrée par Euron Greyjoy, qui constitue le point culminant et le plus problématique de l'épisode. L'action est certes spectaculaire, les effets spéciaux impressionnants, mais la mise en scène est confuse et la résolution de l'affrontement invraisemblable. La rapidité avec laquelle Euron anéantit la flotte de Yara Greyjoy, en usant de stratagèmes qui relèvent davantage de la magie que de la tactique militaire, est décevante. On a l'impression que les scénaristes ont privilégié le spectacle au détriment de la cohérence narrative et de la vraisemblance.

L'enlèvement d'Ellaria Sand et de sa fille, ainsi que le sort tragique d'Obara et Nymeria Sand, sont autant d'événements choquants qui soulignent la brutalité du monde de Westeros. Mais ces événements sont-ils réellement nécessaires ? Servent-ils à faire avancer l'intrigue de manière significative, ou sont-ils simplement des artifices scénaristiques destinés à choquer le spectateur et à maintenir son attention ? La question mérite d'être posée.
Le jeu des acteurs, quant à lui, reste globalement solide. Pilou Asbæk, en Euron Greyjoy, livre une performance déjantée et charismatique, qui contraste avec le sérieux et la gravité des autres personnages. Gemma Whelan, en Yara Greyjoy, est convaincante en chef de guerre déterminée, malgré le peu de temps qu'elle a à l'écran. Indira Varma, en Ellaria Sand, apporte une touche de sensualité et de mélancolie à son rôle, mais son personnage est finalement sous-exploité.
Cependant, le problème principal réside dans l'écriture. Les dialogues sont souvent expositoires, servant à expliquer des événements que l'on aurait pu montrer à l'écran. Les motivations des personnages sont parfois obscures, leurs actions illogiques. On a l'impression que les scénaristes ont perdu de vue la complexité et la subtilité qui faisaient la force de la série à ses débuts. Le fan service, c'est-à-dire la volonté de plaire aux fans en leur offrant des scènes spectaculaires et des rebondissements choquants, prend le pas sur la cohérence narrative et la profondeur psychologique.

La réalisation de Mark Mylod est correcte, sans être particulièrement inspirée. Il fait le job, mais ne parvient pas à transcender le matériau de base. La photographie est soignée, les décors somptueux, mais l'ensemble manque de souffle et d'originalité. On a l'impression que la série est devenue une machine bien huilée, capable de produire des épisodes de qualité standard, mais incapable de se renouveler et de surprendre.
L'Énigme du Dragon : Un Bilan en Demi-Teinte
Au final, "Stormborn" est un épisode en demi-teinte, qui illustre les forces et les faiblesses de la septième saison de Game of Thrones. L'action est spectaculaire, le jeu des acteurs solide, mais l'écriture est paresseuse, la mise en scène conventionnelle, et le fan service omniprésent. On a l'impression que la série a perdu de vue son ambition artistique et s'est transformée en un produit commercial calibré pour l'audience de masse.

La magie des premières saisons semble s'être dissipée, laissant place à une formule usée et prévisible. La complexité des personnages, la subtilité des intrigues, la profondeur des thèmes abordés ont été sacrifiées sur l'autel du spectacle et de la facilité. On peut encore apprécier certains moments de bravoure, quelques dialogues brillants, quelques performances remarquables, mais l'ensemble laisse un goût amer, celui d'un chef-d'œuvre potentiel gâché par les exigences du marché.
Faut-il succomber au Dragon ?
La question est délicate. Si vous êtes un fan inconditionnel de Game of Thrones, vous ne pourrez sans doute pas résister à la tentation de voir la suite des aventures de vos personnages préférés. Mais si vous êtes un spectateur exigeant, à la recherche d'une œuvre d'art cohérente et subtile, vous risquez d'être déçu par cette septième saison, et particulièrement par cet épisode "Stormborn". Il y a du bon, mais aussi beaucoup de mauvais. La balance penche peut-être du côté du mauvais, mais chacun se fera son propre avis.
Où contempler le Dragon ?
Légalement, vous pouvez retrouver "Stormborn" sur les plateformes de streaming proposant la série, comme OCS en France (qui détient les droits de diffusion de HBO). Évidemment, il existe des moyens moins orthodoxes de se procurer l'épisode, mais nous ne saurions les encourager. Privilégiez toujours les options légales, afin de soutenir la création et de garantir la qualité de l'œuvre.
