The Man Who Saved Me From My Isekai Trip Scene

Vous connaissez ces moments où vous vous imaginez, genre vraiment à fond, dans une autre vie ? Moi, je suis une spécialiste des "isekai trips" imaginaires. Pour ceux qui ne sont pas familiers, c'est quand vous vous retrouvez soudainement transporté dans un autre monde, souvent un monde de fantasy avec des épées, de la magie et des créatures bizarres. Sauf que pour moi, c'est uniquement dans ma tête, hein !
Récemment, j'étais donc en plein milieu de mon isekai trip du moment. J'étais une princesse guerrière, bien sûr, avec une chevelure d'ébène flottant au vent et une épée étincelante. J'affrontais des hordes de gobelins particulièrement laids, quand soudain… boum ! Blackout. Le néant. L'écran bleu de la mort de mon imagination.
Et la raison ? Pas un gobelin plus méchant que les autres. Pas un sort particulièrement puissant. Non. La raison de mon retour brutal à la réalité s'appelait… Maurice.
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Maurice, le sauveur improbable
Maurice, c'est mon voisin du dessus. Un monsieur d'un certain âge, disons, avec une passion dévorante pour le jardinage et une collection de nains de jardin qui ferait pâlir Blanche-Neige. D'habitude, Maurice est une source d'amusement douce-amère. Ses tentatives de réparations dans son appartement se traduisent souvent par des bruits étranges et des vibrations suspectes dans le mien. Mais ce jour-là, Maurice était mon sauveur.
J'étais tellement plongée dans ma bataille épique contre les gobelins que je n'ai pas entendu les coups à ma porte. Maurice, inquiet de ne pas m'avoir vue sortir depuis un certain temps (je travaille de la maison, ce qui ne fait que nourrir mes aventures imaginaires), avait décidé de vérifier si tout allait bien. Après plusieurs minutes d'appels restés sans réponse, il a carrément enfoncé la porte.

La princesse guerrière et le tas de linge
Imaginez un peu la scène. Maurice, armé d'un sécateur rouillé et d'une mine inquiète, découvre… moi, debout au milieu de mon salon, les yeux fermés, agrippant un parapluie ouvert (mon épée, évidemment), et murmurant des insanités sur les points faibles des gobelins. Le tout, entourée d'un champ de bataille improvisé composé de coussins et d'un tas de linge sale particulièrement imposant que j'avais manifestement "déplacé stratégiquement".
La confusion dans les yeux de Maurice était palpable. Je pense qu'il a sincèrement cru que j'avais craqué. Il a murmuré quelque chose sur la solitude et la nécessité de sortir prendre l'air, tout en reculant lentement vers la porte (maintenant béante, merci Maurice !).

Bien sûr, j'étais terriblement embarrassée. Mais au-delà de l'humiliation, j'ai ressenti une étrange gratitude. Maurice m'avait arrachée à mon monde imaginaire, non pas avec une potion de désillusion ou un sort de bannissement, mais avec sa simple, quoique maladroite, inquiétude.
Depuis cet incident, je suis un peu plus prudente avec mes isekai trips. Et j'ai même aidé Maurice à replanter ses pétunias, en guise de remerciement (et pour qu'il oublie l'image de la princesse guerrière combattant le linge sale).

Alors, la prochaine fois que vous vous perdrez dans un monde imaginaire, souvenez-vous de Maurice. Parfois, le héros dont vous avez besoin n'est pas un chevalier en armure, mais juste un voisin bien intentionné avec un sécateur et une collection de nains de jardin.
Et qui sait, peut-être que la prochaine fois, je l'inviterai à rejoindre mon aventure. Après tout, un jardinier expérimenté pourrait être bien utile pour soigner les plantes médicinales dans un monde de fantasy ! Et puis, les gobelins ont peut-être une sainte horreur des nains de jardin, qui sait ? Le plus important, c'est que grâce à Maurice, j'ai compris que la vraie aventure, parfois, se trouve juste à côté de chez soi.
