The Room Vostfr Ddl Wiseau

Ah, The Room. L'œuvre. Le désastre. Le chef-d'œuvre désastreux. Comment parler de ce film sans sombrer dans un lyrisme hystérique ? Sans se perdre dans un torrent de "Oh hi Mark!" et d'imitations approximatives de Tommy Wiseau ? C'est impossible. Alors, autant l'embrasser. Accrochons-nous et plongeons dans ce vortex d'absurdité.
The Room, ce n'est pas un film, c'est une expérience. Une expérience qui nécessite d'être partagée, vécue à plusieurs, de préférence avec un stock conséquent de bières et une prédisposition à rire de l'incompétence artistique érigée en art.
Le choc initial
Mon premier contact avec The Room, c'était comme recevoir une décharge électrique. J'étais jeune, naïf, encore persuadé que le cinéma devait répondre à certaines règles, obéir à une logique narrative. Et puis, BANG! Tommy Wiseau a débarqué dans ma vie, tel un météore de velours rouge, pulvérisant toutes mes certitudes. La scène de sexe, d'abord. Mon Dieu, cette scène de sexe. C'est tellement mal fait que c'en devient transcendantal. On dirait un clip des années 80 tourné avec un caméscope volé. Mais ce n'est pas que ça, c'est la passion. La conviction totale et absolue de Tommy Wiseau qu'il est en train de créer une œuvre d'art majeure. Cette conviction, c'est elle qui rend The Room si fascinant.
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Et puis, il y a les dialogues. "You're tearing me apart, Lisa!" Cette ligne, répétée ad nauseam, est entrée dans la légende. Elle incarne à elle seule toute l'incohérence émotionnelle du film. Elle est à la fois ridicule et tragique, touchante et pathétique. C'est un condensé parfait de The Room.
Un délice visuel... et sonore
Ne parlons même pas de la réalisation. Les plans sont étranges, les angles de caméra improbables, le montage aléatoire. Et ce fameux écran vert ! On se demande encore pourquoi Tommy Wiseau a choisi de l'utiliser pour certaines scènes. Est-ce qu'il était vraiment convaincu que ça rendrait mieux ? Ou est-ce simplement un acte de rébellion contre les conventions hollywoodiennes ? Mystère.

La bande son est tout aussi mémorable. Des morceaux sirupeux et hors de propos qui viennent ponctuer les scènes les plus incongrues. On se croirait parfois dans une publicité pour parfum des années 90. C'est tellement inapproprié que ça en devient génial.
"People are very mean sometimes." Une autre perle de sagesse wisienne. Cette phrase, lancée au milieu d'une conversation sans queue ni tête, est d'une tristesse infinie. On sent la vulnérabilité de Tommy Wiseau derrière le personnage de Johnny. On comprend qu'il a mis tout son cœur dans ce film, malgré son manque évident de talent.
Tommy Wiseau Takes on a 'Big Shark' in Trailer for 'The Room' Follow-Up
Pourquoi The Room compte
Alors oui, The Room est un mauvais film. Un très mauvais film. Mais c'est un mauvais film honnête. Un mauvais film sincère. Un mauvais film fait avec amour, ou plutôt, avec une drôle de conception de l'amour. Il y a quelque chose de profondément touchant dans cette tentative ratée de créer une œuvre d'art. On a l'impression d'assister à un accident de voiture au ralenti, mais on ne peut pas détourner le regard.
The Room nous rappelle que l'art n'a pas besoin d'être parfait pour être significatif. Il n'a pas besoin d'être poli et lisse pour nous toucher. Il peut être brut, imparfait, voire même complètement absurde. L'important, c'est l'émotion qu'il provoque.

Où trouver ce trésor ?
La question qui brûle toutes les lèvres : où puis-je me procurer ce chef-d'œuvre ? Pour le Vostfr Ddl, le Saint Graal de l'expérience The Room, une fouille sur des forums dédiés au téléchargement direct (avec les précautions d'usage, bien sûr!) sera sans doute nécessaire. Les plateformes de streaming classiques sont rarement aussi généreuses. On peut parfois le trouver sur YouTube, mais les versions sont souvent de qualité médiocre. L'idéal reste donc de chercher une version physique (DVD ou Blu-ray) avec sous-titres français. Néanmoins, soyez averti, la quête peut être longue, mais la récompense... la récompense vaut tous les efforts.
Alors, prêt à plonger dans l'univers étrange et merveilleux de The Room ? Vous ne le regretterez pas. Enfin, si, peut-être un peu. Mais au moins, vous aurez une histoire à raconter.

